On me dit souvent : "Je voudrais tellement comprendre le Coran en arabe, mais..."
Et après le "mais", il y a presque toujours la même chose. Pas parce que les obstacles ne sont pas réels. Mais parce que certaines croyances ont la vie dure.
Aujourd'hui j'ai envie d'en déconstruire trois.
#1 : "Je n'ai pas le temps, entre les enfants et le reste..."
Je vais te dire quelque chose que beaucoup de "coachs" ne diraient pas.
Moi, avec un seul enfant, il y a des périodes où j'aurais été incapable de suivre mon propre programme. Pas par manque de volonté. Mais parce que la vie — épuisement, périodes difficiles — ça ne se négocie pas.
Alors non, je ne vais pas te dire "si une autre a pu, tu peux aussi."
Parce qu'on n'est pas toutes égales face aux circonstances. Et comparer nos vies ne sert à rien.
Ce que je veux te demander plutôt, c'est ceci : de quoi aurais-tu besoin, concrètement, pour pouvoir te lancer ? Pas dans l'idéal absolu — juste un tout petit peu mieux qu'aujourd'hui.
Un quart d'heure à toi chaque matin avant que la maison se réveille ?
Un créneau le soir quand les enfants dorment ?
Quelqu'un qui garde les enfants une heure par semaine ?
Pose-toi vraiment la question. Pas "comment je fais avec ma vie telle qu'elle est", mais "qu'est-ce qui manque, et est-ce que je peux créer ça — même imparfaitement ?"
Parfois la réponse est non. Et c'est ok. Ce n'est peut-être juste pas le bon moment.
Mais parfois, en cherchant honnêtement, on trouve un tout petit espace qu'on n'avait pas vu.
#2 : "Je ne comprends rien à l'arabe, c'est trop difficile pour moi..."
Cette croyance-là est particulièrement tenace. Et je la comprends — parce que beaucoup d'entre vous ont déjà essayé. Des méthodes qui demandaient trop, trop vite. Des cours qui présupposaient des bases que vous n'aviez pas. Et à force d'abandonner, vous en avez conclu que c'était vous le problème.
Ce n'est pas vous.
C'est la méthode.
Plusieurs de mes étudiantes avaient essayé plusieurs approches avant de me rejoindre, et lâchaient à chaque fois. Pas par manque de volonté — par manque d'une méthode adaptée.
La méthode de Nouman Ali Khan, que j'enseigne dans "Au cœur du Coran", est construite spécifiquement pour des gens qui partent de zéro. Elle ne présuppose rien. Elle prend le temps d'expliquer. Et elle est orientée uniquement vers le Coran — pas vers l'arabe littéraire classique, pas vers la conversation, uniquement vers ce qui te permettra de comprendre ce que tu récites.
#3 : "J'aurais dû commencer avant... Il est trop tard pour moi."
Celle-là me touche particulièrement.
Ce regret d'avoir 30, 40, 50 ans (et/ou 10, 20 ans de conversion) derrière soi et de se dire qu'on aurait dû commencer l'arabe bien plus tôt...
Je l'entends souvent. Et je ne vais pas te dire que c'est faux, que l'âge ne change rien, que tout est possible à tout moment.
Je vais être honnête avec toi.
J'ai eu des étudiantes qui ont commencé à 60, 70 ans. Et c'était dur. Vraiment dur. Le cerveau apprend différemment avec l'âge, et je ne vais pas prétendre le contraire.
Mais voilà ce que je sais aussi : dans dix ans, tu auras dix ans de plus (inchallah). La question n'est pas "est-ce que c'est trop tard ?" La question est "est-ce que je veux que dans dix ans, j'aie avancé — même lentement — ou pas du tout ?"
Le meilleur moment pour commencer, c'était hier. Le deuxième meilleur moment, c'est maintenant.
Ces trois croyances ont un point commun : elles te protègent de la déception. Si tu ne commences pas, tu ne peux pas échouer.
Mais elles te protègent aussi de quelque chose d'autre : la possibilité d'ouvrir ton Coran et de ne plus te sentir étrangère à ta propre religion. La possibilité de vivre un Ramadan où tu comprends enfin ce que tu récites.
Est-ce que tu veux prendre ce risque-là ?
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